Les critères de succès touchant aux contrastes se rattachent à la règle 1.4 :
Distinguable : Faciliter aux utilisateurs la perception visuelle et auditive du contenu, incluant la séparation de l’avant-plan et de l’arrière-plan.
Le critère de succès 1.4.3 sur le contraste minimum est situé au niveau de priorité double-A (AA) parce que l’application de ce critère constitue déjà une contrainte au niveau de la présentation du site et ne peut donc apparaître au niveau A selon la logique de priorisation adoptée par WCAG 2.0.
Le contraste des couleurs est très importants pour les personnes ayant une incapacité visuelle mais aussi pour la population vieillissante. En effet, à 65 ans, l’œil d’un personne normale a besoin de 4 fois plus de lumière (et donc de contraste) qu’à 25 ans. À 80 ans, on parle même de 10 fois plus de lumière. Ceci est dû à différents facteurs de l’évolution normale de l’œil comme l’affaissement des paupières, le rétrécissement de la pupille, la perte de transparence de la cornée et du cristallin et au changement de sensibilité de la rétine.
Le critère 1.4.3 se lit comme suit :
1.4.3 (niveau AA) - Contraste (minimum) : La présentation visuelle du texte et des images de texte a un contraste d’au moins 5 pour 1, sauf dans les cas suivants :
- Texte agrandi : Le texte ou les images de texte agrandi ont un contraste d’au moins 3 pour 1. (Le texte agrandi est défini comme un texte d’au moins 14 points gras [1.2 em ou 120% de la taille « normal »] ou de 18 points non gras [1.5 em ou 150% de la taille « normal »].)
- Texte non significatif : Aucun contraste minimum n’est exigé pour le texte ou les images de texte qui font partie d’un composant d’interface inactif, qui sont purement décoratifs, qui sont invisibles pour tous ou qui font simplement partie d’une image ayant un autre contenu significatif.
- Logo : Aucun contraste minimum n’est exigé pour le texte faisant partie d’un logo ou d’un nom de marque.
Ce critère fixe à 5 pour 1 le niveau de contraste minimal pour du texte de taille normale. Il s’agit d’un rapport de luminosité entre les couleurs d’avant-plan et d’arrière-plan qui peut être facilement mesuré à l’aide de l’un des outils de mesure disponibles :
- Analyse des couleurs, version pour Windows
- Analyse des couleurs, version pour MAC (http://www.paciellogroup.com/resour...)
- Analyse des couleurs, extension pour Firefox
- Barre d’outils Accessibilité du Web 2.0 pour Internet Explorer
Deux mesures sont généralement disponibles ; celle qui nous intéresse est le Contraste de luminosité selon l’algorithme proposé par WCAG 2.0. Attention, la version pour Firefox n’analyse que les contrastes textuels. Elle n’analyse pas les images et ne tient pas compte du contraste obtenu par un texte qui se superpose à une image de fond. Pour ces deux situations, vous aurez besoin de l’application pour Windows ou pour Mac.
Vous pouvez consulter la page d’exemples de contrastes de Juicy Studio sur 213 couleurs d’arrière-plan différentes.
Le critère 1.4.3 présente aussi trois exceptions :
La première exception concerne le texte agrandi pour lequel le contraste minimal requis est de 3 pour 1. La taille et la graisse du texte compensent en effet partiellement pour un contraste plus faible.
Les deux autres exceptions sont pour le texte non significatif ou décoratif et pour les logos. Dans ces cas-là, aucun contraste minimal n’est exigé.
Au niveau triple-A (AAA), le critère 1.4.6 se lit comme suit :
1.4.6 (niveau AAA) - Contraste (amélioré) : La présentation visuelle du texte et des images de texte a un contraste d’au moins 7 pour 1, sauf dans les cas suivants :
- Texte agrandi : Le texte ou les images de texte agrandi ont un contraste d’au moins 5 pour 1. (Le texte agrandi est défini comme un texte d’au moins 14 points gras ou de 18 points non gras.)
- Texte non significatif : Aucun contraste minimum n’est exigé pour le texte ou les images de texte qui font partie d’un composant inactif de l’interface, qui sont purement décoratifs, qui sont invisibles pour tous ou qui font simplement partie d’une image ayant un autre contenu significatif.
- Logo : Aucun contraste minimum n’est exigé pour le texte faisant partie d’un logo ou d’un nom de marque.
À ce niveau de priorité, un contraste de 7 pour 1 est requis. On retrouve aussi les même exceptions qu’en 1.4.3 sauf que le niveau exigé pour le texte agrandi est cette fois de 5 pour 1.
Enfin, WCAG 2.0 innove en considérant également le contraste sonore au critère 1.4.7 qui se lit comme suit :
1.4.7 (niveau AAA) - Arrière-plan sonore de faible volume ou absent : Pour un contenu sonore préenregistré qui 1) contient principalement de la parole à l’avant-plan, 2) n’est pas un CAPTCHA sonore ou un logo sonore et 3) n’est pas une vocalisation dont l’intention est principalement musicale comme une chanson ou un rap, au moins l’une des conditions suivantes est vraie :
- Sans arrière-plan : Le contenu audio n’a pas d’arrière-plan sonore.
- Désactivation : L’arrière-plan sonore peut être désactivé.
- 20 dB : L’arrière-plan sonore est d’au moins 20 décibels plus faibles que le contenu parlé en avant-plan sauf pour certains effets sonores occasionnels durant une ou deux secondes.
- Note : Pour la définition de « décibel », le volume d’arrière-plan sonore correspondant à cette exigence est approximativement quatre fois plus faible que le contenu parlé à l’avant-plan.
Pour obtenir un contraste sonore suffisant, WCAG 2.0 recommande d’éliminer l’arrière-plan sonore, d’offrir la possibilité de la désactiver ou d’assurer une différence d’au moins 20 décibels.
Aucun outil n’étant encore disponible pour mesurer le contraste sonore, la solution la plus simple consiste à éliminer ou désactiver l’arrière-plan sonore.
Des exception sont toutefois prévues pour un CAPTCHA sonore dont le principe même veut que l’arrière-plan sonore soit envahissant afin d’en brouiller l’intelligibilité, pour un logo sonore comme l’indicatif sonore d’une station de radio, par exemple, et pour une chanson ou un « rap » où le fond sonore est indissociable des paroles.
Le contraste sonore est très important pour les personnes ayant une incapacité auditive même légère. Par exemple, dans un environnement sonore envahissant de nombreuses personnes compensent leur difficulté à entendre les paroles en lisant sur les lèvres de leur interlocuteur. Dans un clip sonore cela n’est pas possible et même dans une vidéo, on ne voit pas toujours les lèvres des personnes qui parlent, sans compter les émissions traduites où le mouvement des lèvres est celui d’une autre langue.
En conclusion
WCAG 2.0 est beaucoup plus précis que WCAG 1.0 car il propose des mesures précises à respecter en matière de contraste des couleurs. De plus, WCAG 2.0 introduit la notion de contraste sonore qui est importante pour un Web de plus en plus multimédia.
On peut observer encore ici la progression selon les niveaux de priorité, avec des exigences de plus en plus contraignantes.
Comme pour l’ensemble de la règle 1.4, la clientèle ciblée est celle des personnes ayant une incapacité sensorielle (visuelle et auditive). Toutefois, les personnes ayant une incapacité cognitives comptent aussi au nombre des bénéficiaires de la règle 1.4 comme nous l’avons déjà vu pour le critère 1.4.8 sur la présentation visuelle.

Commentaires
lundi 12 janvier 2009 à 22:07, par Patrice Bourlon
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